Le National rallonge l’enveloppe pour la culture de 22,4 millions

La culture devrait bénéficier d’une enveloppe plus importante que prévu. Le National a voté lundi (07.09.20) une rallonge de 22,4 millions de francs en faveur du secteur pour les années 2021-2024. Il a en revanche revu à la baisse le soutien à la création cinématographique.

Le projet, qui prévoit désormais un montant total de 956,9 millions, s’inscrit dans la continuité des axes d’action définis pour 2016-2020: cohésion sociale, participation culturelle, création et innovation. Le septième art a la part belle. Il obtient le plus de moyens, soit 209,1 millions. Le soutien à la création cinématographique suisse a cependant fait l’objet d’intenses débats.

Taxe abaissée

Le projet du gouvernement voulait une meilleure protection face à l’explosion des plateformes en ligne. A l’instar des télévisions, les fournisseurs de films en ligne et les diffuseurs suisses et étrangers, tels que Netflix, HBO ou encore Disney, auraient dû investir annuellement au moins 4% de leurs recettes brutes dans le cinéma suisse ou s’acquitter d’une taxe correspondante.

Suivant une proposition du camp bourgeois, le National a cependant abaissé, par 97 voix contre 91 et 3 abstentions, cette part à 1%. Une taxe de 4% est très haute en comparaison internationale et aura un impact sur les prix et l’offre, a plaidé Philipp Kutter (PDC/ZH). “Les consommateurs en paieront le prix.” Seul 1% des recettes aurait déjà un impact sur la création cinématographique suisse.

Il n’y aura aucune répercussion sur les consommateurs, a tenté de contrer Fabien Fivaz (Verts/NE). Les taxes introduites dans d’autres pays européens n’ont pas provoqué une augmentation des coûts des abonnements. Avec les socialistes, son parti aurait même souhaité augmenter la taxe à 5%.

Le camp bourgeois a enregistré plusieurs autres victoires. Il a notamment obtenu que les investissements ne soient pas restreints au cinéma indépendant. Les télévisions régionales et les exploitants de réseaux sur lesquels on peut visionner des films devraient quant à eux être exemptés de cette contribution au cinéma suisse, tout comme la SSR.

30% de films européens

Les plateformes en ligne seront en revanche tenues de faire figurer 30% de films européens dans leur catalogue de programmation. Le camp bourgeois a tenté de supprimer cette exigence ou de l’abaisser à 20%, estimant notamment qu’elle engendrerait une bureaucratie supplémentaire importante.

Le projet vise à contrecarrer le risque d’une monoculture et à défendre les spécificités suisses, a souligné le ministre de la culture Alain Berset. Un quota est nécessaire à cette fin. Et d’estimer qu’il s’agit “d’un pas minime”. C’est également une condition pour entrer dans le programme européen “Creative Europe”, a souligné Marie-France Roth Pasquier (PDC/FR) pour la commission.

https://www.swissinfo.ch/fre/toute-l-actu-en-bref/le-national-rallonge-l-enveloppe-pour-la-culture-de-22-4-millions/46016556

APPEL : URGENCE POUR LA DÉMOCRATIE – SAUVONS LE JOURNALISME ET LES MÉDIAS

Appel aux autorités fédérales et cantonales

Urgence pour la démocratie: Sauvons le journalisme et les médias !

La pandémie du coronavirus précipite l’industrie des médias suisses dans une des pires crises de son histoire. Le secteur, déjà fortement précarisé par la fuite d’une grande partie de ses revenus vers les plateformes digitales mondialisées, voit aujourd’hui, en plein conNnement, ses revenus publicitaires s’effondrer. La survie de nombreux titres de la presse, de radios et télévisions locales et de sites journalistiques est en jeu.

Dans ce contexte, nous appelons les pouvoirs publics – Conseil fédéral, Parlement fédéral et cantons – à prendre conscience des effets politiques et sociaux désastreux d’une telle situation et à entrer en action, aNn de permettre aux éditeurs, aux journalistes, employés ou indépendants, et à toutes les professions qui dépendent de l’industrie des médias, d’accomplir leur mission. Jamais le public n’a eu autant besoin d’informations vériNées et Nables.

Il faut agir sans attendre, prendre des mesures de toute urgence pour soutenir massivement une branche essentielle à notre démocratie participative. Il faut aussi préparer l’avenir et les moyens à mettre en vigueur.

Sans tarder, nous demandons à la Confédération de créer un fonds d’aide urgente aux médias aNn qu’ils puissent poursuivre leur travail journalistique. Les autorités doivent augmenter l’aide à la distribution des journaux, postale ou privée, assurer la sauvegarde des imprimeries, des titres et des stations d’importance systémique pour leur région, des agences de presse, des plateformes et sites en ligne, et le Nnancement d’enquêtes et de reportages de journalistes, d’auteurs documentaires et d’autres fournisseurs de contenus, par la création d’un fonds de soutien et une bourse dédiés à l’enquête et au reportage.

Pour l’après-crise, et sans perdre de temps non plus, il s’agira de repenser le modèle d’aide publique à la presse, écrite, numérique et audiovisuelle. Le secteur des médias privés a été totalement bouleversé ces dernières années et a perdu son modèle d’affaires, basé sur la publicité. Aussi faudra-t-il très rapidement, outre la garantie des prestations du service public et celle de pouvoir compenser ses pertes de revenus publicitaires, consacrer le surplus de la redevance audiovisuelle, complété par la Confédération et les cantons, à un tel fonds d’aide à la presse privée et aux indépendants.

Journalisme, presse et médias sont des piliers indispensables de la démocratie directe suisse et doivent pouvoir compter sur un socle économique minimum pour accomplir leur mission. Ces branches doivent aussi garantir un journalisme de qualité, respectueux de l’éthique de la profession, pour répondre au mieux à la grande mutation technologique qui les concerne et assurer leur rôle de cohésion sociale.

2 avril 2020

impressum – Les journalistes suisses, Franca Siegfried, présidente

Investivativ.ch – Martin Stoll, vice-président
Media Forti – Manuel Puppis, président
Médias d’avenir – Camille Roseau, vice-président

Médias pour tous – Frédéric Gonseth, président
Reporters sans frontières – Gérard Tschopp, président
SSM – Jérôme Hayoz, secrétaire central
syndicom – syndicat des médias et de la communication – Stéphanie Vonarburg, vice-présidente

Manifestation du 4 juillet à midi – Grève des journalistes Tamedia

Jeudi 4 juillet 2018 à midi, la gare de Lausanne est envahie par les grévistes et leurs soutiens. Les passants sont surpris. La manif se rend ensuite au siège de Tamedia devant la Tour Edipresse et des soutiens de toutes parts sont communiqués, qui mettent tous en exergue le courage des journalistes et employés en grève pour sauver un titre comme Le Matin et le journalisme romand.
Une action de dernière minute, plus d’un an après la fermeture de L’Hebdo acceptée sans même une heure de grève. Elle pourrait ouvrir la voie, soit à un recul de l’éditeur sur les licenciements (peu probable vu l’agressivité qu’il manifeste à l’égard de cette grève), soit au lancement d’un nouveau titre romand populaire sur papier, un Matin bis.
Fijou redouble d’efforts pour que le fonds d’aide romand à la presse puisse être lancé dans un avenir très proche afin de rendre possible un tel lancement. (fg)